Écrire un livre n’est jamais un geste anodin. Derrière chaque page se cache souvent une histoire personnelle, un parcours, parfois même un combat intérieur. Pour ma part, l’écriture n’est pas née d’un simple désir littéraire. Elle est venue beaucoup plus tard, presque comme une nécessité.

Mon premier livre, Tribulations d’un enfant perdu, trouve son origine dans une histoire bien réelle : la mienne.

Dès les premières années de ma vie, rien ne s’est déroulé comme dans les récits que l’on imagine pour un enfant. Très tôt, j’ai connu l’abandon, l’instabilité et un environnement où la violence et l’humiliation faisaient partie du quotidien. L’enfance, qui devrait être un lieu de protection et d’apprentissage, ressemblait davantage à un champ de bataille où il fallait apprendre à survivre avant même de comprendre le monde. Tribulations d’un enfant perdu

Lorsque l’on grandit dans un tel contexte, on développe une vision particulière de la vie. On apprend à se méfier, à se protéger, parfois même à se durcir pour continuer d’avancer. Pendant longtemps, je n’ai pas compris ce qui m’arrivait réellement. Je vivais simplement les événements les uns après les autres, sans imaginer qu’ils laisseraient une trace aussi profonde dans ma construction personnelle.

L’adolescence et les années qui ont suivi ont prolongé cette errance. Sans repères solides, sans véritable accompagnement, la vie peut rapidement basculer vers des chemins dangereux. C’est une réalité que beaucoup préfèrent ignorer, mais que connaissent très bien ceux qui vivent en marge de la société.

Pourtant, au milieu de ce chaos, une chose s’est imposée progressivement : l’idée que rien n’est totalement perdu.

Avec le recul, certains événements prennent un sens différent. Des rencontres, des circonstances, des situations qui semblaient anodines au moment où elles se produisaient deviennent plus tard des tournants décisifs. Dans mon parcours, j’ai compris que malgré les épreuves et les erreurs, une présence silencieuse ne m’avait jamais complètement abandonné. Même lorsque je n’en avais pas conscience, Dieu agissait parfois à travers des situations inattendues ou des personnes placées sur ma route. Tribulations d’un enfant perdu

C’est cette prise de conscience qui a profondément changé ma manière de regarder mon passé.

Pendant longtemps, j’aurais pu considérer mon histoire uniquement comme une succession d’échecs, de blessures et d’injustices. Mais avec le temps, une autre lecture est apparue : celle d’un chemin difficile, certes, mais qui pouvait aussi devenir un témoignage.

Écrire Tribulations d’un enfant perdu est né de cette conviction.

Je ne voulais pas écrire pour me plaindre, ni pour régler des comptes avec le passé. L’objectif était beaucoup plus simple et beaucoup plus important à mes yeux : raconter une réalité que beaucoup vivent dans le silence et montrer qu’un parcours brisé n’est pas forcément une condamnation définitive. Tribulations d’un enfant perdu

Dans notre société, il est facile de juger rapidement ceux qui tombent, ceux qui vivent dans la rue, ceux qui se perdent dans des chemins difficiles. Mais derrière chaque visage se cache une histoire que l’on ignore presque toujours.

Ce livre est donc avant tout un témoignage.

Un témoignage sur la violence que certains enfants peuvent subir.

Un témoignage sur les blessures invisibles que ces expériences laissent dans une vie.

Mais aussi un témoignage sur la reconstruction possible, même lorsque tout semble perdu.

Si j’ai choisi d’écrire aujourd’hui, c’est parce que je suis convaincu que certaines histoires doivent être racontées. Non pas pour susciter la compassion, mais pour ouvrir les yeux sur des réalités que l’on préfère souvent ne pas voir.

Et surtout pour rappeler une chose essentielle : une vie peut traverser les pires tempêtes sans être définitivement condamnée.